Le principe tient en deux sens. D'un côté les partants : Paris dans l'histoire de votre pays, les traités signés ici, les idées parties d'ici, et les vôtres qui ont changé leur pays depuis une chambre parisienne. De l'autre les arrivants : ceux qui sont restés et sont devenus parisiens, arrivés avec une valise et repartis en laissant une trace dans la ville. Vous choisissez la communauté, puis le sens ; pour certaines, la matière tient en une seule balade combinée. La balade est privative, 115 euros par personne, tarif indicatif toutes taxes comprises, en français ou en anglais, de deux heures trente à trois heures. Le prix définitif vous est confirmé par écrit avant tout paiement.
Britanniques : un enfant de dix ans, roi d'Angleterre, couronné roi de France à Notre-Dame le 16 décembre 1431, Marie Stuart élevée à la cour de France et mariée au dauphin à Notre-Dame en 1558, Oscar Wilde mort rue des Beaux-Arts en 1900. Allemands : Marx, installé rue Vaneau, qui rencontre Engels à Paris le 28 août 1844 et ne le quitte plus, Wagner sifflé en 1861 quand son Tannhäuser affronte l'Opéra de Paris, Heine et ses vingt-cinq années parisiennes jusqu'à sa mort en 1856. Italiens : deux reines venues de Florence qui gouvernent la France, Lulli, Florentin devenu surintendant de la musique du roi et père de la tragédie en musique, Modigliani au carrefour Vavin. Espagnols : Picasso au Bateau-Lavoir, Guernica peint rue des Grands-Augustins en 1937, La Nueve entrée la première dans Paris libéré. Scandinaves : Strindberg et son Inferno parisien, Munch au Salon des Indépendants en 1896 et en 1897, une dynastie suédoise née d'un maréchal de Napoléon. Russes : les Ballets russes de 1909, l'émeute du Sacre du Printemps en 1913, la rue Daru des Russes blancs.
Américains : La Fayette enterré à Picpus sous de la terre rapportée de Bunker Hill, et la Lost Generation de la rue de l'Odéon. Brésiliens : la mission artistique française partie pour Rio en 1816, Villa-Lobos et ses sept années parisiennes à partir de 1923, Niemeyer, dont le dessin de 1965 a donné le siège du Parti communiste, place du Colonel-Fabien, occupé depuis 1971. Argentins : Buenos Aires dessinée à la française, les trente-trois années parisiennes de Cortázar, de 1951 à sa mort en 1984, et sa tombe du cimetière du Montparnasse, où les lecteurs laissent encore des dessins de marelle, Piazzolla renvoyé par Nadia Boulanger vers ses propres racines. Mexicains : l'aventure mexicaine de Napoléon III, Diego Rivera parmi les locataires de La Ruche, Frida Kahlo exposée à Paris en 1939.
Japonais : Foujita, figure japonaise de l'École de Paris, puis Kenzo Takada, Issey Miyake, Hanae Mori, première créatrice asiatique admise à la haute couture parisienne en 1977, et Yohji Yamamoto. Chinois : les étudiants-ouvriers des années 1920, une plaque rue Godefroy, le quartier asiatique du 13e. Coréens : un pavillon de la Corée au Champ-de-Mars pendant l'Exposition universelle de 1900, dernière apparition du pays unifié dans une exposition internationale, puis Lee Ufan, venu à la Biennale de Paris en 1971 et qui travaille depuis entre le Japon et Paris. Indiens : les peintures de Tagore exposées à Paris en mai 1930, à l'initiative de l'Argentine Victoria Ocampo, le passage Brady, le cortège de Ganesh qui traverse le nord de Paris à la fin de l'été. Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens : une chambre sans chauffage impasse Compoint, de 1921 à 1923, puis le 13e d'après 1975. Maghrébins : Bourguiba étudiant en droit à Paris de 1924 à 1927, l'Étoile Nord-Africaine fondée à Paris en 1926, la Goutte d'Or. Arabes du Golfe : l'Institut du monde arabe, fondé en 1980 par la France et dix-huit États arabes, et son bâtiment de 1987 au bord de la Seine. Et si votre communauté manque à la liste, demandez-la.
Les arrêts qui suivent sont des exemples, pris dans plusieurs balades. Selon la communauté et le sens de l'histoire que vous choisissez, une sortie de deux heures trente à trois heures en retient quatre ou cinq, dans un même secteur de Paris, et le tracé est arrêté avec vous avant la balade. Le départ et le retour ont lieu au même point, dans le 7e arrondissement, où les vélos vous sont remis puis restitués : la boucle fait de douze à dix-huit kilomètres selon le secteur. Rien ne se visite à l'intérieur, et aucune entrée, aucune consommation ne sont comprises dans le tarif.